Bienvenue sur le journal de bord du Nicelab. Avant toute chose, il me semble utile de préciser ce qu’est exactement le Nicelab, et ce que vous pourrez trouver sur ce blog.
Laboratoire ouvert ?

Le makerspace allemand RaumZeitLabor au travail… (crédits : CC-by-sa-2.0 Windgeist)
Makerspace, hacklab, fablab… Ce sont autant de mots pour décrire un même projet, qui se copie avec succès dans le monde entier depuis 13 ans maintenant. Il s’agit d’espaces de travail collaboratif, ouverts par essence (au sens informatique de l’ouverture, c’est à dire « libre d’accès »), dédiés habituellement aux nouvelles technologies. Leur but est de permettre l’échange et la collaboration autour de l’appropriation de ces technologies. Par exemple, il est courant de trouver au sein de tels espaces des ateliers d’électronique, s’affairant tantôt à réparer un vieil appareil, tantôt à s’amuser à faire clignoter les LED à l’aide l’un microcontrôleur… Mais ce n’est bien sûr qu’un exemple très précis, et on peut également y trouver des développements logiciels, de la culture artificielle de graines rares, de la conception d’imprimantes 3D, de la construction de robots, de la collecte et publication de données… De vrais laboratoires ouverts, en somme.
Les principes clés d’un hackerspace tiennent en quelques mots : ouverture, partage, et fun. Aucun de ces trois ne doit être sacrifié pour aucune raison que ce soit. Le reste est, en accord avec le premier principe, ouvert. En particulier, le fun ne doit pas être négligé. Il faut s’assurer de toujours s’amuser à faire ce qu’on fait, faute de quoi la motivation suit rarement.
D’après le site Hackerspaces.org, il existe aujourd’hui pas moins de 564 hackerspaces ouverts aux quatre coins du monde, dont 29 en France. Aucun en région PACA, ceci dit.
Le Nicelab
Une bande de joyeux lurons s’est donc mis en tête d’ouvrir un tel lieu dans cette charmante ville de Nice. Le projet, initié fin 2010, a stagné pendant presque un an en recherche de local (mais a profité de ce temps pour organiser des beuveriesrencontres, ce qui m’a inévitablement attiré au début 2011), a fini par tomber sur le MuseAAV, à qui le projet a plu, et qui nous a proposé une salle pour y monter le lab. Rapidement, des travaux ont commencé pour aménager le lieu (environ 44m² en sous-sol, avec plein d’alcôves, électricité, eau, réseau…) afin d’y accueillir du monde.
Nous avons opté pour un fonctionnement souple et horizontal : le Nicelab n’est pas une association loi 1901, et se comporte comme une association de fait, sans conseil d’administration ni quoi que ce soit qui y ressemble. Cependant, pour permettre le financement du lab, tout comme les possibles investissements communs, nous avons mis en place une cotisation semestrielle de 30€, ne donnant accès à aucune compensation en retour. C’est un moyen de faire participer les membres souhaitant s’investir à la vie du lab.
Mais où en est ce projet aujourd’hui ? Depuis septembre, nous travaillons à rendre vivable cet espace, qui est dès à présent capable d’accueillir des travaux, même s’il reste à faire (notamment finaliser la fixation de deux établis pour accueillir un coin électronique). Il y a de l’électricité, du réseau, une table et des chaises, c’est plus que suffisant pour bidouiller. Mais d’ici une semaine ou deux, on disposera d’outils et de machines pour imprimer des PCB, mais aussi de cartes Arduino, d’un poste informatique… Les choses avancent bien, et une dynamique positive s’installe peu à peu. Et bien évidemment, quiconque est intéressé par le projet peut s’y impliquer à son niveau.
Nicelab needs you !

Affiche de présentation du Nicelab
Évidemment, le laboratoire ouvert est ce que veulent en faire ses membres. C’est pourquoi il est utile et important de s’impliquer dans sa création : il est plus facile de s’y sentir chez soi lorsqu’on l’a façonné à son image. Ainsi, et même si je peux comprendre qu’il soit moins marrant de faire des trous dans les murs que de souder des trucs qui clignotent, j’invite tout le monde à venir, à rencontrer l’équipe, et à se retrousser les manches pour donner un coup de perceuse.
Concrètement, comment faire pour vous y rendre ? Le Nicelab est situé au sous-sol du MuseAAV, au 16 bis place Garibaldi à Nice. C’est à deux pas de l’arrêt de tram Garibaldi, et immédiatement à droite du cinéma Mercury (il y a une grille, et l’entrée est au fond de la cour). Le musée a des horaires spéciaux, et logiquement, dans un premier temps le Nicelab s’y conformera : il est ouvert du mercredi au samedi, de 14h30 à 19h30 environ. C’est donc peu pratique pour ceux qui travaillent, et c’est pourquoi nous avons mis en place une permanence fixe hebdomadaire, permettant d’abord de se retrouver et d’accueillir les nouveaux. Cette permanence a lieu le jeudi soir, de 18h15 environ, jusqu’à la fermeture, et elle se finit généralement à la terrasse d’un bar de la place. Fort heureusement, il y a un certain nombre de possibilités pour rester plus tard : chaque premier vendredi du mois, le musée organise des ateliers qui durent jusqu’à 22-23h, pendant lesquels nous pouvons être au lab. De plus, il y a en moyenne 4 soirées par mois, qui nous permettent de travailler tard. Ces dates sont données par la directrice du musée, suffisamment à l’avance pour que l’info soit diffusée et qu’on ait le temps de réserver les soirées en question. Pour l’instant, je dispose de 2 dates pour cette semaine. Notez donc que le lab pourra être ouvert :
- vendredi 18 novembre, jusqu’à 20h30 environ ;
- samedi 19 novembre, jusqu’à 20h30 environ (sous réserve de présence de Winston ou Falken, qui, avec moi, sont les seules personnes à avoir les clés de la grille protégeant le matériel, car je ne serai pas là)
Nous mettrons en place un moyen de connaître rapidement les horaires du lab pour se faire au mieux à cette contrainte. Notez que dans un avenir pas forcément lointain, il est possible que certains d’entre nous se voient confier les clés du musée, et pourront donc ouvrir quand ils le souhaitent.
We need Nicelab !
Il serait juste absurde de simplement dire « le lab a besoin de vous », car le lab est ses membres. Ainsi, il me semble approprié d’évoquer quelques-uns des projets qui y seront développés. Il m’est bien sûr inutile de rappeler que les projets viennent de n’importe qui, et qu’y participent ceux que ça intéresse, sans distinction.
- construction d’une RepRap: il s’agit d’un projet d’imprimante 3D (fonctionnant par superposition de couches de plastique fondu) intégralement libre, fabriquable à bas prix, et porté par une communauté créative. C’est un projet à la fois ambitieux, complet, et qui aura des finalités incroyables, étant donné le lieu dans lequel il sera réalisé. En effet, offrir aux artistes du musée la possibilité de modeler des objets 3D est une formidable opportunité créative. Par ailleurs, une RepRap servira à construire des pièces pour d’autres projets du lab
- Production de semences artificiellesau sein d’un coin « Biotech ». L’idée est d’expérimenter la culture de graines rares ou à germination difficiles afin de les redistribuer.

Un plant de Stévia, une plante qui sera vraisemblablement sujette à ces expériences (crédits : CC-by-sa Sten Porse)
- Développement d’un nouveau modèle de confiance dans le protocole SSL : il s’agit d’expérimenter et d’intégrer un modèle de certification plus décentralisé et fiable pour valider l’identité d’un site web. Un peu d’autopromo ne faisant pas de mal, je citerai comme référence mon propre article à ce sujet.
Ce ne sont bien entendu que des exemples pris dans le tas, on pourrait aussi citer la création d’un drone quadricoptère, l’animation d’ateliers Arduino…
Pour finir en beauté, je vous invite encore une fois à venir par vous-mêmes, pourquoi pas demain soir, et à faire du Nicelab votre propre garage-à-gus.

Le Nicelab en plein travaux, et en désordre

