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Donnez une nouvelle jeunesse à vos disques durs !

Publié le 15 mai 2012, par dans Howto.

Le disque dur est un composant mécanique servant à stocker de manière approximativement durable des données numériques au sein d’un ordinateur. Je dis bien « approximativement », car il est de notoriété publique qu’un disque dur s’use lorsqu’on l’utilise. En partie à cause de sa conception : qui dit pièce mécanique dit usure, frottements, détérioration. Tout disque dur, lorsqu’il est utilisé (quand bien même il se contente de tourner sans être sollicité), s’use irrémédiablement. Et à un moment ou un autre (ce qui est très difficile à prédir tant les facteurs physiques sont nombreux et souvent aléatoires), le disque lâche, fatalement. Et si vous n’aviez pas de sauvegarde de vos données importantes ou que vous n’aviez pas remédié à ce défaut par une solution telle que le RAID mirroré, c’est le drame. Les données sont perdues pour de bon, et il ne vous reste plus que les yeux pour pleurer.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut savoir qu’il existe un autre système de stockage de données, palliant en partie à ce gros défaut : les SSD. Ces composants, totalement dénués de pièces mécaniques, fonctionnent avec de la mémoire flash, sur un principe vaguement cousin des clés USB et autres cartes SD. Outre l’absence d’usure mécanique, ils permettent des vitesses de transferts nettement plus élevées que les disques durs. Malheureusement, ils restent encore beaucoup plus chers que ces derniers. Et ils ne sont pas infaillibles pour autant : ces disques possèdent une durée de vie, exprimée en nombre d’écritures sur les cellules. Ils n’en restent pas moins bien plus fiables que leurs cousins. Ceci dit, l’astuce donnée ici ne fonctionne que sur les disques durs, et vous allez comprendre pourquoi.

Le corps, encore chaud

Pan !

Le drame, vous disais-je. Votre seul et unique disque dur a lamentablement rendu l’âme, emportant ainsi vos centaines de gibioctets de films animaliers pour adultes. Je comprends votre douleur, étant moi-même un poney. Bref, tout n’est pas perdu, et votre disque n’est pas encore à jeter. Mais pour lui accorder la résurrection, il va falloir bricoler un peu. Armez-vous donc d’un tournevis (vérifiez bien le type de vis, dans mon cas elles étaient étoilées), et commencez l’opération.

Surprise en constatant que les vis sont en étoile… Mais on a les outils nécessaires au lab


Avec l’outil adapté, on se facilite la vie


On sépare délicatement les parties.


Utilisez un tournevis plat pour faire levier, pour éviter d’abîmer des pièces

À ce moment précis du démontage, et ayant pourtant retiré les vis apparentes, le couvercle métallique refusait de se soulever. C’est l’occasion de se rendre compte que les constructeurs de disques durs sont de vrais sadiques, et aiment particulièrement planquer des vis. En l’occurrence, sous l’étiquette, qu’il a donc fallu retirer. Par précaution, prenez celle-ci en photo avant, au cas où vous auriez ultérieurement besoin de ces informations. Par exemple « tiens, mais le disque dur que je viens de mettre en pièces, c’était celui qui fonctionnait encore ! ».

On me la fera pas deux fois, je sais qu’une vis se cache encore là-dessous !

Là par exemple, le constructeur a, semble-t-il, tenté un bluff de la dernière chance en se disant que sous l’étiquette, je ne remarquerais pas sa pastille à la con. C’est raté, et il suffit donc de la retirer elle aussi pour enfin accéder à la vis tant recherchée.

Ouverture du capot, et premier regard sur la mécanique interne

Si vous n’aviez jamais vu l’intérieur d’un disque dur, cette étape est très instructive. Si vous ne compreniez pas ce que je voulais dire par « pièce mécanique », peut-être en avez-vous une idée plus précise. Nous avons un plateau (qui donne astucieusement son nom au disque dur) attaché à un petit moteur central permettant de le faire tourner, et une tête sur le côté. Cette tête
peut se déplacer sur toute la largeur du disque, par un déplacement magnétique que nous observerons tout à l’heure. Ainsi, avec son déplacement et la rotation du disque, elle est capable de couvrir toute sa surface. Il est à noter que certains disques durs disposent de plusieurs plateaux, chacun disposant donc d’une tête attribuée (mais n’ayant qu’un axe de déplacement). C’est donc sur ces plateaux que sont écrites et lues les données. Nous allons tâcher d’extraite avec grande précaution les plateaux.

Avant de s’attaquer à l’extraction, voyons si on peut retirer d’autres pièces pour nous faciliter la tâche.

Les pastilles démoniaques sont de retour !

Bingo ! D’autres pastilles cachant certainement de nouvelles vis.

On voit assez mal, mais sachez qu’il n’y a pas de vis.

Le constructeur aime jouer, visiblement. Et il doit bien se marrer après m’avoir vu arracher sauvagement chaque pastilles, hurlant ensuite ma rage devant un trou dans lequel nulle vis n’a fait le sien. Peu importe. Il n’y a plus de pièce à retirer, mais nous allons quand même déplacer la tête, afin qu’elle ne nous gêne pas.

Déplacement de la tête

Remarquez la tige noire sous mon index droit. Elle sert à bloquer la tête dans une position (qui ne nous arrange pas, car la tête est alors au plus près du centre du plateau). En prenant soin de ne pas toucher la surface du disque, il a fallu pousser légèrement cette tige vers la tête pour que celle-ci soit en mouvement libre. Avec un tournevis plat, je l’ai donc délicatement poussée dans sa position la plus extérieure possible.

Dévissage de l’axe central

Le plateau est maintenu par une sorte de grosse rondelle, elle-même fixée par 6 vis. Pour éviter que l’axe tourne lorsque je dévisse, il a fallu le tenir en place sans toucher aux plateaux. 6 vis plus tard, nous y sommes.

Le plateau est mainenant libre

Malheureusement, la tête, même poussée, gêne l’extraction. Elle ne servira plus (d’ailleurs, elle est probablement morte pour de bon, elle). Autorisons-nous un acte que je qualifierais de bourrinage.

Mais un bourrinage dans les règles de l’art ! On fait attention à ne pas toucher le plateau


Ça devrait suffire…


Et ça sort tout seul ! Comme papa dans maman !

Nous avons extrait la pièce maîtresse. C’est maintenant que les choses sérieuses commencent.

Ça peut aussi servir de miroir de poche. Ou à effrayer les pigeons.


J’ai oublié de vous dire. On ne cherche pas à récupérer vos données, hein.


Non. Vraiment pas.

Je dois avouer quelque chose. Ce plateau mesurait environ 2mm d’épaisseur. C’est beaucoup. Surtout quand on veut le plier à la main. Heuresement qu’il y a des gens moins bourrins que moi pour me rappeler qu’on a des outils.

Voilà qui est plus efficace


Et… Crac !


Partitionning: you’re doing it wrong.

Je sais que vous commencez à vous poser de sérieuses questions et à mettre en doute mes facultés mentales. Mais nous avons presque fini. Mettez les deux parties du plateau de côté, nous y reviendrons rapidement.

Le châssis, maintenant libéré de son plateau


Le même, 3 vis plus tard

Il reste une pièce à retirer : la tête et son support, contenant 2 aimants pour déplacer ladite tête. Mauvaise surprise, ils ne sont pas fixés par de vis, mais par des rivets. Qu’importe.

Je sais ce que vous vous imaginez. Non, j’ai pas percé au hasard comme un bourrin. Il y avait un rivet !


Vous voyez ? Je vous l’avais dit. Vous me croyez jamais de toutes façons…


Le châssis, maintenant nu

Nous avons quasiment terminé. J’espère que vous n’avez pas mangé le couvercle de l’appareil, car nous en avons besoin.

il vous faut aussi une des vis que vous avez retirées


Je sais, ça ne ressemble à rien à ce stade. Patientez.

Il faut maintenant du matériel supplémentaire. Allez chercher une bière au frais. Non, ce n’est pas une blague. Et en bouteille. Et ramenez des chips aussi. C’est toujours sérieux.

Tadaaa !

Et le tour est joué ! Ne vous fiez pas à la photo, je n’avais pas de vraie bière (comprendre « bière belge ») pour l’expérience, et j’ai remplacé avantageusement les chips par des fruits secs, ce qui fonctionne aussi. Vous venez donc de recycler un disque dur mort en plateau-apéro !

Mais ce n’est pas encore fini. Je ne vous ai pas fait casser un plateau en deux sans raisons. J’aurais pu.

Et voilà le travail ! À la vôtre !

Le hack, c’est détourner les objets de leur usage initial. Je pense qu’utiliser un plateau de disque dur comme décapsuleur, ça correspond parfaitement à cette définition. Je pense aussi que l’inventeur du disque dur s’est basé sur une bouteille de bière pour la conception (elle était probablement vide au moment où il eût l’idée, d’ailleurs), tant le diamètre du plateau coïncide avec celui du goulot.

Profitez bien de votre plateau-apéro avec décapsuleur !

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Couvrez ce Minitel que je ne saurais voir

Publié le 9 mai 2012, par dans Activités.

Oui, je parle bien de 3615 ULLA

Mini-quoi ?

Le minitel est un bête terminal utilisateur, dont le but est simplement d’interagir avec l’utilisateur. Il dispose pour cela d’un écran cathodique, et d’un robuste clavier. De plus, un modem intégré lui permet de communiquer avec des serveurs distants en utilisant la ligne téléphonique de l’abonné. Certains modèles disposent également d’une interface permettant de le relier à une imprimante, une mémoire externe, ou plus tard à un ordinateur.

Minitel démonté en fonctionnement

Le minitel, c'est robuste (image CC-BY Nicelab)

Ces terminaux robustes et (presque) portables datent des années 80 ; c’est triste à écrire, mais France Télécom arrêtera le service fin juin. Comme ces terminaux ne sont pas dotés d’intelligence, sans personne avec qui communiquer, il ne pourront que pleurer dans leur coin. Ce dénouement tragique (mais pas sans espoir), est dû à l’avènement du grand Internet.

Internet et minitel, incompatibles ?

Internet libre, ou Minitel 2.0 ?

Et c’est ainsi qu’en 2007, près de 30 ans après sa création, tout le monde utilisait Internet sur des machines dotées d’intelligence. Le minitel était tout simplement tombé dans l’oubli. Jusqu’au jour ou Benjamin Bayart donna sa célèbre conférence intitulée « Internet libre, ou Minitel 2.0 ? ».

Benjamin Bayart tenant un minitel lors de sa conférence

Le minitel, c'est portable (image sous CC-BY-SA dérivée de http://2007.rmll.info/video434.html)

Hélas, le minitel fut mentionné uniquement pour montrer l’exemple à ne pas suivre. Placer l’intelligence au centre du réseau et avoir des terminaux bêtes, c’est le modèle du minitel, modèle à éviter. Et même si la tendance actuelle est d’utiliser Internet en mode « minitel 2.0 », le minitel, le vrai, est amené à disparaître.

Un nouvel espoir

Heureusement, le minitel est hackable, sans vraie difficulté. Le but aujourd’hui n’est pas de s’en servir comme écran HD externe comme à la glorieuse époque du HX-20, mais de le transformer en terminal faisant tourner des applications utilisant Internet.

Affichage d'IRC sur l'écran du minitel

Première tentative d'affichage d'IRC sur minitel (image CC-BY Nicelab)

Qui a dit qu’Internet et minitel étaient incompatibles ?

La suite au prochain épisode…

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RE-PLAY Festival

Publié le 2 mai 2012, par dans Non classé.

Un hackerspace qui organise un festival sur le thème du Retrogaming ? WTF ?

Oui, c’est possible et tout cela à cause du cerveau malade d’un des membres du Nicelab et d’un visiteur de l’exposition permanente de Retro computer.
Yann & Jérôme ont donc décidé de se lancer dans cette périlleuse aventure avec le support bien évidemment de l’équipe du Nicelab et de Gabriel, collectionneur de son état également.

Les bénéfices seront partagés entre le musée et le Nicelab ce qui nous permettra d’investir dans des projets complétement dingues également. ;)

Durant 2 jours, ce sera The place to be à Nice !

Qu’allons nous retrouver à ce salon ?

Des bornes d’arcades, des flippers, des baby foots, des consoles et ordinateurs des temps anciens, des Pachinko et Pachislot, des conférences, des ateliers Arduino, l’exposition permanente Retrocomputer et biensur un concours en fin de journée samedi avec une remise de prix.

Autant vous dire que c’est du très gros travail pour coordonner tout cela !

 

OK, mais ça se passera où ?

Au Museaav, l’endroit qui abrite notre hackerspace. Pour l’occasion, nous aurons 1000 m² disponibles et nous pouvons vous assurer qu’ils seront largement remplis.

Pour avoir plus d’informations, n’hésitez pas à passer voir le site dédié : www.replay-festival.com

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La Faisocratie en pratique

Publié le 23 mars 2012, par dans Le Nicelab.

Faisocratie (Crédits : CC-by-nc-nd Opacity <https://secure.flickr.com/photos/opacity/4012611345/>)

Voici une réflexion émanant du fonctionnement du Lab. Comme dit précédemment, nous sommes une association de fait. C’est à dire que légalement, nous n’existons pas. Nous sommes un collectif sans identité morale ni existence officielle. Ce qui implique qu’il n’y a ni chef, ni décision communément prise. Ce fonctionnement s’appelle la do-ocraty, habilement traduit en faisocratie : dans une structure non définie, les décisions suivent les initiatives.

Si par accident il vous est déjà arrivé de me lire ailleurs, vous savez peut-être que j’ai l’habitude de défendre un vague concept nommé démocratie. Et peut-être serez-vous donc surpris de constater que je semble tenir ici un discours inverse. La différence est dans l’échelle. On ne gère pas une nation de la même façon qu’une poignée de gus dans leur garage. Car ces gus partagent des valeurs, et veulent déjà avancer dans le même sens. D’ailleurs, mécaniquement, et partant du principe que chaque individu a son opinion propre, il est plus facile de réunir un petit groupe de personnes ayant les mêmes valeurs qu’une population entière. Voilà pourquoi la faisocratie ne peut fonctionner qu’à micro-échelle.

Concrètement, comment ça marche ?

Il n’y a pas de décisions à proprement parler. Seulement des actions, et les gens qui prennent l’initiative de les faire. Ainsi, si un besoin est exprimé, par exemple d’avoir un blog pour le lab, le premier à le mettre en place procède de fait à un certain nombre de choix, par exemple de logiciel utilisé, d’hébergement, ou bien de configuration du machin. Et si ça ne plaît pas à quelqu’un, râler ne sert à rien, et s’il a quelque chose de mieux à apporter, il le fait. Dans ce cas, s’il n’aime simplement pas la couleur du blog, se contenter de la changer ne sert à rien, car le premier remettra sa couleur, qu’il préfère. Celui qui aura fait les choses a la responsabilité. Celui qui aura installé le blog aura fait le choix des couleurs, et si ça ne plaît pas, il fallait le faire avant. Et comprendre ce principe permet de ne pas être mécontent d’un choix contestable : quelque chose a été fait, et c’est l’essentiel.

Cela pousse à l’action, tout d’abord. Pour ne pas rester passif, et faire soi-même des choix, il faut se sortir les doigts et contribuer. C’est aussi simple que ça.

Les problèmes que ça pose

Oui, car ce n’est pas un système parfait, bien évidemment. C’est seulement un système qui fonctionne. À petite échelle seulement, tout d’abord. Parce que dans un groupe restreint, il y a statistiquement moins de chances d’avoir des positions fermement opposées. Ensuite, parce que les gens se côtoient, se connaissent. C’est très important. Il faut également garder de vue l’objectif. Pour le Lab, ce qu’on veut, c’est qu’il vive. Le choix des couleurs pour le blog est un détail insignifiant. Avant de critiquer le travail d’un autre, il faut se demander si ça en vaut la peine. Se demander ce qui est plus important, entre la bonne ambiance ou le choix arbitraire de ces couleurs. Et, en général, on préfère se dire que « C’est pas grave » (d’ailleurs, ça ne l’est pas), et continuer d’avancer.

Nous parlions de problèmes. En voilà un : dès lors que de l’argent est mis en jeu, la faisocratie se fragilise énormément. Parce que l’argent prend la tête, basiquement. Que dès qu’on se demande « Que fait-on de ce fric ? », chacun aura son idée sur la question, et trouvera inacceptable que ça soit utilisé pour autre chose. Parce que le « C’est pas grave » disparaît subitement des conversations. L’argent, c’est un serious business. Par conséquent, la faisocratie est très difficilement applicable dans un milieu qui gère de l’argent.

Appliquée au Nicelab

Nous fonctionnons déjà en faisocratie, ici. Mais il me semble important de rappeler ces valeurs de tolérance pour un fonctionnement fluide. Parce que deux personnes ayant exactement le même avis sur tout, ça n’existe pas. Alors n’essayons pas d’imposer une doctrine globale, et assumons simplement les différences d’opinions de chacun. Gardons en tête que nous faisons ça pour nous amuser, et que s’engueuler n’est guère amusant. Alors, devant un débat, pensons simplement à ça. La tolérance découle naturellement de l’ouverture, après tout.

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Construire un Arduino, étape 2

Publié le 26 janvier 2012, par dans Activités, DIY, Howto.

La suite du grand feuilleton de l’été : il y a quelques jours, je présentais le projet Arduino, mais faute d’avoir reçu le kit commandé, je n’ai pas pu faire grand-chose de concret. Je vais y remédier aujourd’hui, ayant reçu le matériel vendredi dernier, et m’étant affairé à le monter le lendemain, je peux faire un compte-rendu que j’espère être un poil plus intéressant.

Composants du kit Freeduino

Composants du kit Freeduino (crédits : http://www.evola.fr/product_info.php/kit-dassemblage-freeduino-mini-usb-p-62 )

Tout d’abord, à mon grand regret, je n’ai pas pensé à faire de photos du kit tel que reçu, avec le PCB vierge. D’ailleurs, il ne l’était pas vraiment, car 3 composants étaient déjà soudés : le port mini-USB, le chip FTDI (pour communiquer via USB) et le fusible auto-réarmable, permettant d’éviter de cramer le circuit en cas de surtension. Ces composants étant plus sensibles à souder, car étant montés en surface (CMS), le choix est judicieux pour les novices tels que moi en soudure.

Il y avait donc à souder sur la carte :

  • 4 séries de connecteurs femelles (2 de 6 points, 2 de 8), représentant les entrées/sorties du Freeduino ;
  • Un connecteur secteur jack 2.1mm ;
  • 2 séries de connecteurs mâles (un en 1×3, l’autre en 2×3) ;
  • un cavalier permettant de relier 2 pins des connecteurs précédents (il n’est cependant pas à souder) ;
  • un bouton poussoir ;
  • un transistor 7805 TO220 (c’est celui avec la languette métallique, qui est un dissipateur de chaleur) ;
  • un socket 28 pin, permettant d’y enficher la puce Atmega sans avoir besoin de la souder (pratique pour la changer) ;
  • un oscillateur à quartz de 16Mhz
  • 4 LED vertes de 3mm 
  • une diode 1N4004 ;
  • 6 résistances 1KΩ ¼W ;
  • une résistance 10KΩ ¼W ;
  • un condensateur électrolytique 100µF ;
  • un condensateur électrolytique 47µF ;
  • 2 condensateurs céramique de 22pF ;
  • un condensateur céramique de 0,01µF ;
  • un condensateur céramique de 4,7µF ;
  • 7 condensateurs céramique de 0,1µF ;
Quelques-uns des composants (essentiellement des condensateurs céramiques)

Quelques-uns des composants (essentiellement des condensateurs céramiques), quand je me suis dit « oups, j’ai oublié de prendre des photos »

À cela, n’oubliez évidemment pas le PCB pré-imprimé, le port mini-USB, le chip FTDI (FT232RL), le fusible auto-réarmable de 5V, et bien évidemment la puce ATmega328P avec bootloader Duemilanove (Arduino). Pour ce dernier, vous pouvez acquérir ou construire vous-même le programmateur de puce, ou en acheter pré-programmés. Concernant la soudure en elle-même, j’ai écrit les composants dans l’ordre dans lequel je les ai soudés, dans la logique de souder en premier les composants ne risquant pas de cramer (les connecteurs en priorité). Vous pourrez constater sur les photos ci-dessous que j’ai commencé à me faire la main sur les connecteurs femelles de 6 points d’ailleurs, en voyant leur positionnement approximatif ;) . Je recommande cette technique, elle a porté ses fruits pour moi, et j’ai rapidement pris le coup de main. Je vous livre quelques conseils de base :

Techniques de soudure

D’abord, je suppose que vous avez déjà un fer à souder, un support, une éponge, de l’éclairage suffisant, des pinces (au moins une normale et coupante), de l’étain et de la tresse à dessouder (pour nettoyer les pâtés d’étain). Une troisième main est un plus assez confortable, d’autant plus avec une loupe.

Pour commencer à souder les connecteurs, qui sont assez hauts, je me suis fait un petit support avec un bout de mousse (celui sur lequel étaient enfichés la puce Atmega et son socket), que vous pouvez apercevoir sur la dernière photo, et le bord de la planche sur laquelle je soude (qui est pratique pour nettoyer facilement). Cela permet de maintenir les composants à leur place, d’autant plus nécessaire pour les petits, qui ne manqueront pas de tomber lorsqu’on retournera la carte pour les souder. Il eût peut-être été plus intelligent de souder en premier lieu ces composants, d’ailleurs.

Soudure en cours…

Soudure en cours… Les gros pâtés en bas à droite sont pour le connecteur d’alimentation, qui a de grosses broches et des trous encore plus gros

Pour la soudure en elle-même, il convient de chauffer la pastille et la broche en même temps avec le fer, sans s’éterniser. 2-3 secondes suffisent, si ce n’est pas le cas, nettoyez votre fer sur l’éponge humide. Ensuite, sans retirer le fer, approchez le fil d’étain, qui devrait fondre instantanément sur la pastille. Retirez tout de suite, il ne faut pas trop mettre d’étain. Vous avez une jolie soudure. Ne soufflez surtout pas dessus, elle doit refroidir d’elle-même. Si vous avez mis trop d’étain, refaites-le chauffer en passant un bout de tresse à dessouder. Si l’étain forme une boule, la soudure n’est pas bonne, car vous n’avez pas assez chauffé la pastille.Refaites-la chauffer deux secondes et ça devrait aller. Une fois un composant entièrement soudé, vous pouvez couper ses pattes qui dépassent de la soudure (je ne l’ai fait qu’à la fin).

Soudure toujours en cours, mais du côté des composants

Soudure toujours en cours, mais du côté des composants

Certains composants, comme les connecteurs ou les résistances, peuvent être posés dans n’importe quel sens, mais attention à certains, qui sont polarisés. Dans ce cas, il y a généralement une patte plus longue que l’autre, et c’est elle qui doit être reliée au +. Pour les LED, c’est facilité par le fait que sa base présente un signe distinctif du côté du −, qui est souvent répété sur le PCB. Les condensateurs électrolytiques et les diodes simples sont également polarisés. Le transistor doit être placé de sorte à pouvoir se « coucher » sur la gauche, comme indiqué sur la photo. La puce Atmega a une petite encoche à l’une de ses extrémités, celle-ci doit, conformément à son dessin sur le PCB, être vers la droite dans le sens de la photo.

Pour mieux illustrer cette activité, j’ai fait une petite vidéo. On n’y voit pas grand-chose à cause de la qualité, mais elle pourra peut-être donner un aperçu de ma méthode. Par exemple, on voit que pour souder les résistances, après avoir enfilé les pattes, je les tord légèrement vers l’extérieur, pour bloquer le composant et l’empêcher de tomber à l’envers, même malgré le morceau de mousse. Ha, et ne faites pas attention à la « musique d’ambiance », il y avait un cours de théâtre dans la pièce d’à côté. Ça donne un côté insolite au lab ;)

Une fois tous les composants soudés (pour savoir quel composant va où, c’est écrit sur le PCB), coupez les pattes restantes, admirez votre travail, nous allons tester !

Et là, c’est le drame

Je vous épargne ma dure découverte : une fois tous les composants soudés, j’ai connecté par cable mini-USB le Freeduino à mon PC. La LED à l’extrémité droite de la carte (en prenant toujours le port USB à gauche) indique que la carte est alimentée. Dans mon cas, elle ne s’allumait pas. Soit, passons à l’étape de recherche de problème. Je ne pense pas qu’il soit pertinent d’expliquer ce que j’ai fait, étant donné que j’ai surtout tâtonné sans trop de succès. Jusqu’à ce que je me rappelle du cavalier, livré avec le kit, et dont j’ignorais jusque là l’usage. Étant donné qu’il y avait 2 connecteurs à l’air, j’ai testé, un peu au hasard, de relier, à l’aide du cavalier, leurs broches. En reliant les 2 premières broches du connecteur de gauche (celui judicieusement étiqueté « EXT USB », ça a fonctionné. J’en conclus donc qu’en reliant les 2 premières broches, l’alimentation utilisée est l’USB, et la fiche jack dans le second cas. C’est l’une des spécificités du Freeduino par rapport à l’arduino.

Le cavalier qui m’a fait perdre plusieurs heures de tests aléatoires…

Le cavalier qui m’a fait perdre plusieurs heures de tests aléatoires…

Bref, problème résolu, l’arduino fonctionne. Pour l’utiliser, il faut installer le bien-nommé « Arduino ». Sous Debian ou ses dérivés, il vous suffit de taper
# aptitude install arduino
Ou, sous Ubuntu qui n’a pas le bon goût de fonctionner de la même façon :
$ sudo apt-get install arduino
Sous Gentoo (ma machine), c’est un peu plus compliqué, car même si l’environnement de développement Arduino possède un ebuild dans l’overlay indiqué, il faut configurer soi-même la toolchain. Je vous conseille cette page, qui m’a beaucoup servi mais n’a pas suffi dans mon cas. Ça sera peut-être l’objet d’un futur article, mais en attendant, n’hésitez pas à venir demander de l’aide sur IRC, salons #nicelab ou #gentoofr sur Freenode.

Enjoy it

Voilà, nous avons soudé avec succès un Freeduino ! Maintenant, que faire ? Si vous n’êtes pas encore habitué de cette petite machine, les exemples de circuits sont un bon moyen de prendre en main l’animal. Si vous voulez aller plus loin, faites appel à votre créativité, tout simplement. Pour ma part, je me suis empressé de monter celui-ci, qui m’amuse beaucoup.

Ensuite ? Et bien, nous voici avec une puce programmable, à la portée d’un novice en électronique, voire en programmation. Tout reste à faire, et les projets ne manquent pas. Plus d’infos sur nos projets quand on aura travaillé dessus ;) D’ailleurs, nous allons bientôt pouvoir gagner une étape sur la conception de cartes Arduino-compatibles, pour ensuite pouvoir graver nos propres PCB.

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Construire un Arduino, étape 1

Publié le 17 janvier 2012, par dans DIY, Howto, Le Nicelab.

L’Arduino est indéniablement l’un des fers de lance de nombreux hackerspaces. Sous ce nom se cache une plateforme de prototypage libre, facile à utiliser, et qui permet à tout novice de se lancer dans l’électronique numérique. Je suis moi-même novice, et possesseur d’un Arduino depuis l’été dernier. Mais aujourd’hui, c’est de la création de cette carte qu’il est question au sein du Nicelab.

Ardiuino Uno

Présentation

Arduino est donc le nom d’une petite carte électronique, plus petite qu’une carte de crédit, commercialisée aux alentours de 30€, et basée sur un microcontrôleur Atmega368P, avec 6 entrées analogiques et 13 entrées/sorties numériques. On y trouve également un port USB, destiné à programmer la puce par le biais d’un ordinateur, divers pins supplémentaires (sortie 3,3 et 5V, masse, mais également pins série ou reset). En fait, toute la carte n’est qu’une interface pour utiliser la puce : celle-ci peut être programmée via un langage proche du C, qui sera compilé et flashé au sein de celle-ci, et c’est elle ensuite qui interagira avec les entrées/sorties.

Les applications d’une telle carte ne sont limitées que par l’imagination : on s’en sert généralement pour piloter des robots, des imprimantes 3D, des cubes de LEDs… À titre personnel, je m’en sers souvent tel quel pour tester des composants (je pourrais très bien le faire avec un simple multimètre, mais ça me permet de me faire la main :) ).

Il s’agit d’une carte libre : ses plans sont donc connus, et tout le monde est libre d’en construire, de l’améliorer, etc… La seule restriction concerne le nom et le logo Arduino, qui eux sont déposés et ne peuvent être réutilisés. Qu’à celà ne tienne, des clones sont nés sous d’autres noms, et il existe un large choix de cartes Arduino et compatibles.

Let’s do it

Nous avons donc souhaité construire notre propre arduino, basé sur le modèle Uno (le dernier en date). Les plans sont disponibles au format Eagle (logiciel non-libre). Après brève analyse, on m’a conseillé de me baser plutôt sur un modèle simplifié, tel que le Freeduino. Soit, c’est une bonne idée d’avancer pas à pas. Sur ce même principe, j’ai préféré partir sur un kit contenant le PCB déjà imprimé, et tous les composants. Cela permettra de nous faire la main avant de concevoir notre propre modèle *duino.

J’ai commandé ce kit, à moins de 20€ (plus frais de port). Pas encore reçu, donc ce sera l’objet d’un prochain billet.

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Le Nicelab est OUVERT !

Publié le 31 décembre 2011, par dans Le Nicelab.


Pour compenser le ton très sérieux et engagé du dernier billet, voici quelques nouvelles du Nicelab en lui-même : les choses avancent bien. Entendons-nous : nous nous sommes installés au MuseAAV il y a 4 mois (si j’en crois l’uptime du serveur). 4 mois, c’est peu. En 4 mois, nous avons durement constaté la difficulté de devoir se calquer sur les horaires, pas toujours fixes, du musée. Il a été difficile de pouvoir s’y rendre en semaine après le boulot, et techniquement impossible pour les gens du Rivier’Hack, toujours sans local. Nous avons également remarqué que peu de gens trouvaient fun de se mouiller la chemise pour investir et s’approprier le lieu. Soit, ce n’est en aucun cas un reproche, et personne n’a à être forcé à faire quelque chose qui ne l’amuse pas au sein du lab.

Et pourtant… en 4 mois, nous avons vidé, nettoyé (un peu) et aménagé le lieu. Nous y avons installé du matériel, issu en immense majorité de dons, nous avons créé une exposition, qui a intéressé du monde, non seulement pour l’expo en elle-même, mais aussi beaucoup pour le concept du lab. Des gens y sont revenus, et je parie qu’on les reverra comme membres habitués. Et surtout, nous avons commencé à utiliser ce lieu, à bosser, à bidouiller des trucs, souvent sans trop savoir quoi en faire.

Aujourd’hui…

Établi outillage

Établi outillage

Établi électronique

Établi électronique


Aujourd’hui, le Nicelab est ouvert. Bien sûr, on pouvait déjà y aller travailler, dans les horaires du musée, mais c’était une limitation décourageante. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, car la direction du musée a décidé de nous faire confiance et de nous fournir les clés, pour ouvrir à notre guise le Nicelab. Concrètement, nous sommes 3 (Marc, Yann et moi-même) à pouvoir ouvrir le musée. Il s’agit d’une relation de confiance avec la direction, il est très important de le comprendre. Nous ne squattons pas le musée, nous en sommes partenaires. Pouvoir ouvrir quand on veut est une responsabilité, et si nous brisons la confiance qui nous est donnée, cette responsabilité sera retirée. Une grande responsabilité implique un grand pouvoir, ou un truc du genre. En clair, et selon les mots de la directrice, « je ne veux pas me pointer à 3h du matin pour vous trouver à faire de la fumette. ». Ce qui est somme toute assez compréhensible. Maintenant que nous avons cette liberté, je souhaite rappeler à tout le monde de respecter comme il se doit le lieu qui nous accueille. D’ailleurs, l’ouverture n’est toujours pas totale, puisqu’il faudra qu’un de nous 3 soit présent. Néanmoins, c’est suffisant pour que le lab soit ouvert quand quelqu’un veut y aller. Dans le pire des cas, un mail sur la ML, un message sur le chan IRC ou via StatusNet/Twitter, et quelqu’un viendra probablement ouvrir. Et la situation évoluera comme elle peut, rien n’est fixé.

Par ailleurs, nous avons eu la très agréable surprise de recevoir un don conséquent de matériel hier soir, en guise de cadeau de Noël : il s’agit d’un don d’une personne qui cherchait à s’en débarrasser, et c’est avec plaisir que nous avons donc récupéré une ponceuse, un décapeur thermique, un poste à souder, des dizaines de pinces, tournevis, scies, limes, mèches, une quantité assez incroyable de vis, clous, rondelles, chevilles… Un grand merci pour ce donateur :)

Cadeaux de Noël

Cadeaux de Noël


Pour finir, au sujet des ouvertures, nous n’en avons pas encore discuté, mais si vous avez envie de venir au lab, n’hésitez surtout pas à envoyer un mail pour demander si c’est ouvert, si ça ne l’est pas peut-être que quelqu’un viendra ;)

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Faites-le vous-même !

Publié le 27 décembre 2011, par dans DIY.

S’il ne fallait retenir qu’un message politique du hack, ça serait celui-là : Do It Yourself (DIY), ou « Faites-le vous-même », dans la langue de Pascal Obispo. C’est un message dont la simplicité n’a d’égal que l’importance. Car derrière cette idée à première vue banale, voire égoïste, se cache la volonté de réappropriation des compétences par les gens, dans une société dont le mode de consommation tend vers l’inverse. Ainsi, lorsque les industriels cherchent naturellement à augmenter leurs profits, il est, de leur point de vue, tout aussi naturel de vouloir contrôler de bout en bout la vie de leurs produits. Le mot est d’ores et déjà lâché, il s’agit de contrôle. Les entreprises assurent ainsi une sorte de support à leurs produits. Mais ce qui apporte aux consommateurs les prive ainsi de leur liberté d’utiliser comme bon leur semble le matériel. Prenons un exemple simple, les imprimantes.

Cartouches d’encre usagées

Cartouches d’encre usagées (source : http://www.bloc.com/article/high-tech/informatique/cartouche-encre-2009-07-28.html )

Aujourd’hui, une imprimante de base coûte généralement moins que 2 recharges d’encre. Et, il faut le reconnaître, est assez peu fiable : il est plus que courant qu’elle lâche tout juste sa garantie passée. Et ce n’est pas une coïncidence ; l’obsolescence programmée touche de plus en plus d’appareils, au fur et à mesure que les objets du quotidien tendent à se complexifier. Pour faire simple, il s’agit tout simplement de concevoir non pas des produits robustes et fiables, mais de rendre consommables des objets qui n’avaient pas vocation à l’être, et dans le même temps, de provoquer une dépendance du consommateur à un constructeur. Pour revenir sur l’exemple des imprimantes, il s’agit de fragmenter à l’extrême les modèles de cartouches d’encre, de façon à supprimer toute interopérabilité entre elles. Une cartouche n’est compatible qu’avec une poignée d’imprimantes au total, et bien évidemment, une imprimante n’accepte (en principe) qu’un modèle précis de cartouche. Les appareils d’un même constructeur ne sont mêmes pas basés sur les mêmes modèles ! Du coup, une fois un modèle acheté, il crève en un an, on tente de le faire réparer, par principe (et encore, même ce réflexe s’émousse au profit de la pulsion de rachat), pour entendre un rageant « ça coûtera moins cher d’en racheter une que de la réparer ». Donc on rachète. Étant donné qu’on avait dèjà des cartouches, on reprend le même modèle, pour être sûr qu’il est compatible. Et là-dedans, le constructeur est ravi, et le consommateur est juste une vache à lait. Mais néanmoins heureux d’avoir payé peu pour une imprimante, sans être conscient qu’elle ne durera pas elle non plus plus d’un an.

Gagnant-gagnant ?

Ce qui est dramatique avec cette situation, c’est la façon dont elle est amenée. Les gens ne se seraient bien entendu pas laissés avoir si on leur avait simplement fait miroiter des produits moins fiables (du moins j’ose encore le croire). Mais on leur a promis de la facilité en échange. Prenons maintenant l’exemple d’une firme, historiquement conceptrice d’ordinateurs innovants, et s’étant plus récemment faite remarquer pour ses produits, véritables phénomènes de mode, mais surtout parfaits exemples de prisons numériques. Je parle bien évidemment d’Apple, et de sa politique de contrôler jusqu’aux mœurs des consommateurs de ses produits. Sous couvert de fonctionnalités fort pratiques mais malheureusement intrusives, les consommateurs cèdent petit à petit leur liberté d’utiliser leur produit comme ils le souhaitent. Par exemple, c’est à Apple de décider pour vous ce qui est bon pour votre appareil, et donc quelles applications vous avez le droit d’installer. C’est Apple qui, en proposant une très amusante fonctionnalité GPS, se permet de vous traquer où que vous alliez. C’est toujours Apple qui ose même contrôler ce que ses clients font graver sur leur appareil !

Apple et ses clients

Apple et ses clients (crédits photo : CC-BY Laura Hadden)

Le problème dans tout ça, c’est que les consommateurs rayonnent de bonheur quand on leur donne du grain alors qu’ils sont en route vers l’abattoir. D’abord parce qu’on les matraque de publicités et d’un effet de mode qui prétend rendre les gens intéressants selon ce qu’ils possèdent, mais ensuite et surtout parce qu’ils ne voient pas le danger de ce genre de choses. Et de surcroît, par une peur déraisonnée de la technologie, ils cherchent absolument le plus simple. Ce qui favorise naturellement l’acteur du marché qui a compris ça, et qui a donc toute latitude pour enfler ses clients et faire gonfler son chiffre d’affaires. C’est cette peur qui est le véritable drame. Car pour tous ces exemples et même les autres, la solution est très simple : il faut reprendre en main le matériel, et passer de l’état de consommateur passif à utilisateur éclairé. Il faut oser s’intéresser à la technique, oser penser que l’on est capable d’y toucher, de le bidouiller si besoin.

Ce phénomène ne se limite même plus à la technique : à force de vivre dans une société d’infantilisation, les gens viennent à en oublier comment planter un clou dans un mur, et paieront bientôt un menuisier pour scier une bête planche… Or, j’ose espérer que tous les lecteurs de ce blog savent à quel point c’est une opération basique. De même, en informatique, la plupart des utilisateurs lambda ignorent jusqu’aux bases le fonctionnement de leur outil. Lorsque je parle de bases, c’est parfois de savoir qu’il faut allumer un ordinateur et son écran pour que « ça marche »… Prétextant que « c’est trop compliqué », et qu’« on n’y comprend rien », on utilise l’informatique comme un nouveau-né utiliserait une tondeuse à gazon : avec pertes et fracas. Pourtant, l’informatique est particulièrement simple à utiliser, mais il est impératif de connaître des bases, des notions. Par exemple savoir qu’Internet relie le monde entier en un temps négligeable, connaître et définir les limites de ce qu’on y dévoile, savoir faire la différence entre un fournisseur d’accès, un logiciel et un moteur de recherche. Il ne s’agit pourtant pas de quelque chose de compliqué, mais lorsqu’on passe un certain temps avec cet outil, il est important de savoir comment il fonctionne. La technologie a ainsi évolué qu’il est souvent inutile de lire un manuel pour savoir comment fonctionne un appareil, mais le revers de la médaille étant que, lorsqu’il y est tout de même nécessaire de le faire, on ne veut plus faire cet effort, et tout ce qui n’est pas assez limpide est jugé « trop compliqué ».

sortir ses doigts de la chaleur de son cul au profit de celle d’un fer à souder

Do It Yourself

Do It Yourself (source : http://www.cdrflorac.fr/FermeDeDotClear/dotclear2.28/index.php?post/2010/01/26/Do-it-yourself! )

Pour changer la société, que dis-je le monde, il faut effectivement se réapproprier ces compétences, manuelles comme intellectuelles. Il n’y a rien de compliqué là-dedans. Savoir manipuler un fer à souder, comprendre les enjeux de la sécurité informatique, scier et poser une étagère, ce sont des choses que tout le monde devrait savoir faire. Et c’est réellement un minimum. Dans le même temps, il ne faut surtout pas avoir honte de ne pas savoir faire quelque chose, parce que c’est notre lot à tous.

Le DIY, c’est juste ça, ni plus ni moins. Réfléchir par soi-même, et pas par procuration à une industrie. Se rappeler qu’on a des bras (pour la plupart d’entre nous), qu’on est capable de faire des trucs, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir l’outil officiel de la même marque que l’appareil qu’on veut ouvrir mais qu’on peut très souvent se débrouiller avec un tout petit peu de malice et un morceau de tôle. Si on est blogueur, oser fouiller dans le code pour modifier une fonctionnalité, améliorer un truc. C’est aussi créer des associations, sociétés, s’investir en politique, pour faire ce qu’on a envie de faire, sans se dire « c’est pas à moi de faire ça, je dois rester à ma place ». Et, parce que personne n’a la science infuse, le DIY fonctionne mieux lorsqu’on partage ses connaissances et qu’on a envie d’apprendre. Si vous suivez mon raisonnement, vous devriez comprendre pourquoi les hackerspaces existent. Car finalement, un hackerspace est tout simblement un temple dédié au DIY, un endroit où la règle est de faire les choses soi-même au lieu de laisser des industries faire pour nous, de se réapproprier l’innovation, et surtout de partager. Que l’on partage une bière ou des connaissances en robotique, l’idée est là, et c’est positif à tous les coups.

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Inauguration de l’expo Retro Computer

Publié le 5 décembre 2011, par dans Activités.

Visite de l’exposition

Ça n’aura, je l’espère, échappé à personne, hier a eu lieu le vernissage de l’exposition préparée avec amour depuis plusieurs semaines. À titre personnel, et je ne pense pas avoir une opinion radicalement différente des autres organisateurs, je suis particulièrement satisfait de la soirée. Nous étions environ 75 (selon les organisateurs, 4 selon la police), et l’expo a beaucoup plu. Un petit film était diffusé en boucle dans la salle noire, relatant l’histoire des jeux vidéos, et la grotte (qui abrite réellement l’expo) n’a pas désempli de curieux, mitraillant de photos les machines de leur jeunesse. Les gens se rendaient ensuite dans la salle du lab, où était allumée la borne d’arcade et un Space Invaders sur Amiga, qui a beaucoup fait parler de lui. Le passage dans cette salle a également été l’occasion pour beaucoup de se renseigner sur le Nicelab, d’un œil intéressé. Aucune des questions qu’on m’a posé n’a trahi une incompréhension du terme de hack, en tout cas.

Où l’on écoute le barbu parler de hacks et de machins techniques

Où l’on écoute le barbu parler de hacks et de machins techniques

Faute d’organisation, le buffet a d’ailleurs été proprement hacké par les participants, car tout le monde s’est servi du vin qui était censé être payant. Mais c’est un peu notre faute, personne ne s’occupait du service. On fera preuve d’optimisme en constatant malgré tout que le concept du DIY a bien été saisi :)

Le choc des générations…Aux alentours de 18-19h, lorsque les visiteurs ont commencé à s’éparpiller, les gens se sont concentrés dans le lab, et les choses sérieuses ont pu commencer : Yann avait ramené un peu de matos doté de la formidable capacité à émettre des bruits, moi-même j’avais dans l’idée de bricoler une déco de noël (quand on vous parle de laboratoire ouvert !)… une poignée de gus, dont certains passaient pour la première fois les portes, s’est donc réunie autour de la table et a commencé à bricoler en parallèle sur les 2 idées : d’un côté, de la soudure de fils de cuivre pour obtenir la structure de la décoration, de l’autre des tests sur une « dictée parlante » dont les entrailles avaient été mises à nu, et ce pour tenter de moduler les sons produits (la base du circuit blending).

Cet homme serait-il en pleine attaque MitM ? Ou joue-t-il simplement au pendu avec un jouet pour enfants ?

Haha, on fait moins le malin maintenant, hein ?

Enfin, pour être tout à fait honnête, je dois avouer que cet atelier a débuté en… partie de pendu sur ce même appareil, comme quoi nous sommes tous de grands enfants !

La machine ayant eu une fâcheuse tendance à gagner, elle s’est donc vite retrouvée en morceaux, ce qui a permis de prendre notre revanche sur elle, par le biais de divers court-circuits amusants ayant eu pour résultat de ralentir la voix électronique. C’est un début, et, utilisé avec d’autres appareils qui auront à leur tour subi le supplice du tournevis (ou du marteau, si c’est moi qui m’en occupe), il est fort probable qu’on parvienne rapidement à produire des sons qui sauront exaspérer les présents :)

De l’autre côté, on aura simplement eu l’occasion de constater que la panne de mon fer à souder est naze, et que le fil de cuivre prend mal à la soudure. Le résultat actuel est donc loin d’être impressionnant, mais ça devrait rapidement être corrigé. Par exemple ce soir, car le lab est exceptionnellement ouvert aujourd’hui jusqu’à 20h.

Pour les composants, on verra un autre jour ;)

Pour les composants, on verra un autre jour

Pour en revenir à l’exposition et à son vernissage, je suis encore une fois ravi qu’elle ait eu du succès, et j’espère encore y voir beaucoup de monde. Il se pourrait d’ailleurs que d’autres évènements soient organisés en rapport avec ces vieilles machines. Jusqu’à, qui sait, une grande exposition annuelle de retro computers ? En attendant, je vous remercie à nouveau d’être venus, et d’avoir partagé ce moment avec nous.

Parce que le but caché du Nicelab est de nous apporter le succès ;)

Parce que le but caché du Nicelab est de nous apporter le succès

 

Un point de vue large sur l’expo

Un point de vue large sur l’expo

 

Que de souvenirs… Un Space Invaders sur Amiga

Que de souvenirs… Un Space Invaders sur Amiga

 

Le Nicelab un peu plus rangé que la dernière fois…

Le Nicelab un peu plus rangé que la dernière fois…

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Musée du Retro Computer à Nice

Publié le 18 novembre 2011, par dans Activités.

Il est temps de commencer notre partenariat entre le Nicelab et le Museaav qui nous accueille.  Notre première activité officielle est donc une exposition consacrée au Retro Computer.

Qu’est ce que le Retro Computer ?

Ma définition diffère de celle de Wikipedia qui parle plutôt de Retro Computing. En effet, si l’on décompose ce nom « Retro » correspond à « ancien » et « Computer » à « ordinateur ». Il s’agit donc d’une exposition consacrée aux vieux ordinateurs.
Quelques ordinateurs

Que va-t-on y voir ?

Effectivement un certain nombre de vieux ordinateurs mais également des jeux de poche, des Pongs mais aussi des consoles, des jeux, une borne d’arcade et une surprise qui vous rappellera sans doute toute cette période (pour ceux qui l’ont connue) !

Quelques vieux Pongs

Game & Watch et autres jeux de poche

Des dizaines, des centaines de jeux !

Où se trouve cette collection ?

Sur la place Garibaldi à Nice sous les arcades, près du cinéma. Pour être plus précis au Museaav, 16 bis place Garibaldi — 06300 Nice.

N’hésitez pas à participer vous aussi à cette collection par des dons d’ordinateurs, consoles, bref tout ce qui touche à l’informatique et au jeu dans les années 80 à 2000 (hors PC) ! Pour ce faire, vous pouvez me contacter directement sur mon mail : falken@falkenzone.com .

Vous pouvez également nous retrouver et vous inscrire sur le mur de l’événement Facebook.

Quand venir ?

Un vernissage aura lieu ce 3 décembre 2011 à partir de 17h. L’exposition se tiendra jusqu’au 17 février.

Les horaires d’ouverture sont de 14h30 à 19h du mercredi au samedi.

Hyperlocalnews nous a interviewé par mail :

http://www.hyperlocalnews.fr/articles/grande-premiere-a-nice-l-expo-retro-computer/read/1017

mais aussi en vidéo :

http://www.hyperlocalnews.fr/videos/dans-la-grotte-du-museaav-expo-retro-computer-video/read/1033

Le JR’s est passé par l’expo et a fait un résumé très drôle :

http://lejrs.e-monsite.com/pages/content/expo-retro-computeur.html

Suive de très prés de l’Espace Turing :

http://www.espace-turing.fr/Reportage-Photo-de-l-expo-Retro.html

Un petit résumé du vernissage juste ici :

http://blog.nicelab.org/inauguration-de-l-expo-retro-computer.html

A bientôt !

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© CC-by-sa Nicelab